Sois indulgent vis à vis des créatures de Dieu comme le Seigneur Miséricordieux ! L'« islam », selon notre saint Prophète , n'est rien d'autre qu'attester qu'il n'y a de Dieu que Dieu et que Muhammad est son Prophète - Envoyé; Prier cinq fois par jours, donner l'aumône légale (Zakat), jeûner le mois de Ramadan et faire le pèlerinage à la Mecque dans la mesure du possible. En plus de l'islam, la religion comprend l' « imane », et l' « ihsane ». L' « imane », c'est la croyance en Dieu, aux anges, aux Livres, aux Prophètes de Dieu, au jugement Dernier et à la Prédestination. L'Ihsane, c’est adorer Dieu comme si tu Le voyais, et si tu ne Le vois pas, Lui pourtant te voit. (Bukhari). La religion musulmane comprend ce ternaire: Islam - Imane - et Ihsane et rien d'autre. C'est la voie droite, la voie large (Shariah) commune à tous les musulmans, celle qui conduit au salut, au bonheur ici-bas et dans l'au-delà. Elle est simple, claire et facile. C'est ainsi que l'a voulu le Seigneur Très Haut. « Dieu veut vous rendre facile votre religion » Nul n'a le droit de la compliquer ou de transgresser les limites imposées par Dieu. « Eh bien! Chante pureté de ton Seigneur par la louange, et sois de ceux qui se prosternent ; et adore ton Seigneur jusqu'a ce que vienne à toi la certitude ». (XV, 98 et 99). La réalisation spirituelle est une question de grâce divine. Celle-ci précède, pour chacun d'entre nous, notre existence terrestre, mais elle ne s'actualise dans le monde formel que par l'effort en vue de se conformer aux prescriptions divines. La grâce divine concerne strictement le serviteur et son Seigneur ; Dieu l'accorde à qui Il veut parmi ses esclaves. Par elle, Dieu nous facilite tout effort pour parvenir à Lui malgré l'importance et le nombre considérable des actes surérogatoires qu'il nous impose. La Sharia est la voie large, unique, la Tariqah, la voie étroite, complémentaire, celle des élus de Dieu. Donc sans sharia, pas de tariqah. La voie de la tariqah est celle de ceux à qui le Seigneur Très Haut a accordé Sa grâce de toute éternité en les purifiants, en élevant leur renommée et en leur accordant un don magnifique ; c'est celle des Prophètes et des saints. C'est ainsi que le Seigneur Très Haut s'adresse au Prophète Muhammad (B et S) : « Ne t'avons nous point ouvert la poitrine, (et ne t'avons nous pas déchargé du fardeau qui écrasait ton dos? (N'avons-nous) pas élevé ton renom? » (XCIV, 1 à 4) « En vérité, nous t'avons accordé un don magnifique ! » (CVIII, 1). Il est ordonné aux élus de Dieu non seulement de respecter les prescriptions de la Sharia, mais encore d'accomplir les actes surérogatoires qui font les mystiques et les ascètes ; d'abord, aux heures de la nuit, rechercher le Seigneur dans le recueillement, par la lecture méditée du Coran et la prière : « Quand tu auras des loisirs, recueille-toi et recherche ton Seigneur (CXIV, 7 et 8). (La lecture du Coran durant) la nuit (témoigne en effet) d'une plus forte résolution et donne plus de rectitude à ce que l'on dit ; durant le jour tu as à vaquer longuement. (LXXIII, 6 et 7). « Oui, ton Seigneur sait que tu te tiens debout près des deux tiers de la nuit, sa moitié, son tiers. De même une partie de ceux qui sont avec toi ! » (LXXIII, 20). Parmi les autres exigences qui font le mystique, il y a l’aumône et le sacrifice : « Adresse ta prière à Dieu et sacrifie ! (CVIII, 2), a dit le Seigneur Très Haut » L'imam Al-Ghazali écrit dans sa Lettre au disciple : sacrifie ton âme car l'essence est dans le sacrifice, comme l'a dit Dul-Nûn al Misri à l'un de ses disciples : « si tu peux donner ta vie, viens avec moi, sinon ne t'occupe pas des futilités du soufisme ». C'est en effet dans l'extinction du moi (al-fanâ) illusoire que réside le sacrifice. Mais les faveurs que Dieu nous accorde dans la voie de la tariqah doivent demeurer des mystères ; les divulguer, sans la permission de Dieu, pourrait déranger ou troubler les fidèles qui n'ont pas atteint ce degré. « N’accordez pas la sagesse aux gens qui n'en sont pas dignes, autrement vous la lésez, et ne soyez pas avares de la dire à ceux qui en sont dignes, autrement vous lésez ces gens là » a dit l'Envoyé de Dieu (B et S). Ainsi le Prophète recommandait-il de cacher la sagesse aux profanes en la taisant devant eux. La tradition enseigne que le Prophète (B et S) reçu de Dieu trois sortes de connaissance et il lui a été ordonné de divulguer la première à tous les hommes (la Sharia), d’enseigner la seconde à certains seulement (la tariqah) et de taire la troisième. Seigneur ! Dirige-nous dans la voie droite, la voie de ceux Tu as comblés de Tes bienfaits ; Seigneur ! Affermis nos pas dans la voie de la tariqah Tidjaniyya, comble nous des grâces que Tu as accordées aux gens du don. Tu es le Miséricordieux, le Puissant, le Bienfaiteur, Tu es capable à tout vraiment ! Louange à Dieu, Seigneur des Mondes ! Que Dieu bénisse notre Prophète Muhammad et lui accorde le salut ainsi qu'a sa famille et ses compagnons ! Ainsi, la tariqah ou voie spirituelle islamique généralement connue sous le nom de Taçawwuf ou Soufisme, est la dimension intérieure (ésotérique) de l'islam. Comme la Shariah (ou la Loi Divine), qui est la dimension extérieure de l’islam, commune à tous les musulmans, elle s'origine dans le Coran et la sunna (la pratique du Prophète), et exprime métaphysiquement cette « sagesse divine » (al-hikmat-al-ilâhiyah) qu'elle préserve. Sans participation à la Sharia dont l'acceptation fait d'un homme un musulman, la vie de la tariqah s'avère impossible. En fait, les pratiques prescrites par la sharia. Au cours de l’histoire de l' islam, certains docteurs de la loi (ulama al-zahîr), dont le rôle est essentiellement de garder et de préserver la Loi sacrée, ont contesté la validité de la Tariqah en faveur de la Sharia; d' autres ; les ulama qishri, sont allés jusqu' à nier complètement la voie, se satisfaisant de la seule interprétation extérieure de la religion, réduisant ainsi la religion (dîn) à l'un de ses éléments constitutifs, la Loi (islam). Ce point de vue est demeuré une position marginale par rapport à la majorité des musulmans orthodoxes. D'autres, à l'inverse, ont tenté de privilégier la tariqah au détriment de la sharia comme si l voie pouvait exister indépendamment de la sharia ; c'est le cas de certains secte qui ont dévié de l'orthodoxie. Cependant, dans l' ensemble, l’islam a su maintenir l’équilibre entre exotérisme et ésotérisme, empêchant que la Loi n'étouffe la Voie ou que la Voie ne brise le cadre de la Loi. La Loi et la Voie sont absolument nécessaires à l'intégralité de la tradition. On reconnaît l'arbre à ses fruits et la meilleure preuve du lien indispensable entre Tariqah et Sharia est que dans de nombreuses régions du monde, l’islam s'est répandu par l'intermédiaire de la Tariqah. C'est la cas de certaines contrées de l’Inde, dans le Sud Est Asiatique et surtout dans une grande partie de l’Afrique. La propagation de l’islam s'est faite grâce à l’exemple personnel des maîtres des diverses voies spirituelles (turuq) et l' ' établissement de confréries religieuses. C'est assurément ce lien intérieur qui unit la Loi et la Voie qui explique cette extension de l’islam. La voie spirituelle n'est pas œuvre humaine, mais une voie établie par Dieu lui-même et qui contient en elle-même une grâce (barakah) capable de produire la sainteté de sorte que ses fruits témoignent de son origine divine. Elle se fonde sur la double source du Coran et des hadiths pour atteindre la connaissance illuminative (al-irfân), but ultime de la voie. La Tariqah n'est rien d'autre que l'ihsâne , troisième élément constitutif de la religion qui opère sur les deux autres éléments fondamentaux de la religion ( l'imâne ou la foi et l'islam ou la soumission) et les transforme en cette "vertu" qui signifie, selon l' Envoyé de Dieu, : adorer Dieu comme si tu le voyais, car si tu ne le vois pas, Lui te voit. La tariqah enseigne précisément l'adoration de Dieu avec la conscience que nous sommes en Sa proximité et, par conséquent, Le "voyons" ou que Son regard est sans cesse sur nous et que nous tenons toujours devant Lui. Elle cherche à amener le disciple à la conscience qu'il vit constamment dans la présence divine. Elle transforme l'imâne en cette connaissance illuminative, cette gnose (irfân ou ma'rifh) qui pénètre et transforme l'homme ; tandis que l'islam, à la lumière de l'ihsâne, devient l'extinction dans le divin (al-fanà), c'est-à-dire la réalisation que devant Dieu, nous ne sommes rien et il est tout. La voie de la tariqah, comme toute voie spirituelle est fondée sur une doctrine et sur une méthode. La doctrine est un moyen de discrimination qui enseigne essentiellement que Dieu seul est absolument réel, et tout le reste, relatif. La méthode enseigne comment s'unir au Réel et contient les moyens de l'union. Doctrine et méthode sont toutes deux issues des deux Shahada considérées à la lumière de cette «sincérité» ou «vertu» qui appartient à la tariqah. La doctrine est donnée au début comme une connaissance «théorique» pour devenir, à la fin de la voie, une connaissance réalisée et vécue. Elle est essentielle au début de la voie lorsque l'homme est perdu dans le dédale des pensées désordonnées. La tariqah vise également à inculquer au disciple les vertus et attitudes spirituelles qui permettent la réalisation de la vérité. Les vertus spirituelles sont avec la doctrine les moyens de la tariqah par lesquels l'homme parvient à vivre saintement. Les vertus cardinales, celles qui caractérisent essentiellement le Prophète sont l'humilité, la charité et la sincérité. L'humilité signifie que nous rendons compte de notre impuissance et voyons l'insignifiance de l'humain devant le Divin ; et par rapport à notre prochain, elle signifie avoir conscience que si parfaits que nous puissions être, d'autres ont certaines perfections qui nous manquent et que nous devons être modestes devant eux. L'humilité s'oppose donc à cet orgueil qui rend l'ego aveugle à ses propres limitations et qui le fait s'affirmer devant l'homme ou devant Dieu. Quand à la charité, sa forme la plus élevée est le sacrifice de l'âme charnelle de l'homme, c'est-à-dire son existence séparée qui est une charge qui pèse lourd à ses épaules. En offrant son âme à Dieu, le saint accomplit l'acte de charité le plus grand, même si cela ne doit nourrir personne. Sa seule présence dans la société est la plus haute charité que la collectivité humaine puisse recevoir. Quant aux autres hommes, c'est lorsqu’ils accomplissent une bonne action que le lourd fardeau de l'âme charnelle (al-nafs-al-amima-rah) se fait plus léger. En se donnant aux autres, c'est soi qu'on allège. Cependant l'efficacité spirituelle de cet acte de charité ne s'accomplit qu'avec la conscience que tout vient de Dieu et que sans Lui, aucun acte ne peut être véritablement charitable. La charité spirituelle implique une fusion de l'âme endurcie afin qu'elle puisse se fondre et s'épandre jusqu'à embrasser toutes choses. Si l'humilité est contraction de l'âme, la charité spirituelle est l'expansion qui permet à l'homme de réaliser son unité avec tous les êtres. La troisième vertu spirituelle, qui est la sincérité (ikhlaç) ou véracité (çidq), signifie voir Dieu partout ; ne voir aucune chose sans voir Dieu devant elle, en elle et derrière elle. Telle est la sincérité parfaite qui est la vertu par laquelle l'homme réalise l'Unité ou «tawhîd» et vit dans la présence constante de Dieu. En acquérant cette vertu, il réalise expérimentalement la doctrine qu'au début de la voie, il ne connaissait que «théoriquement» Nous verrons, au cours de cette étude, qu'une méditation profonde de la «wazifa» Tidjâni, qui est essentiellement composée d'une demande de pardon, de la prière sur le Prophète, de la Shahada et de la Djawàratoul Kamâl (secret de la prière sur le Prophète), en même temps qu'il retrace l'itinéraire du voyage spirituel, permet au disciple d'acquérir ces vertus spirituelles tout en vivant en harmonie avec la société. La Tariqah se fonde sur la conception de l'homme créé à l'image de Dieu. En effet, Dieu a créé l'homme « à sa propre image » (sûrah) et c'est ce qui confère à celui-ci une nature théomorphique dont l'homme ordinaire n'est pas conscient bien qu'elle existe en lui. Il en résulte que l'homme est doué de certaines qualités qui n'appartiennent qu'a Dieu dans leur plénitude. Dieu est vivant (hayy) et l'homme a reçu la vie ; Il possède la Volonté et la parole ou Verbe, l'homme a également reçu la Volonté et la faculté de la parole. Aussi est ce sur ces qualités divines qui se réfléchissent dans l'homme que la tariqah base ses techniques. La parole divine, par exemple, remplit deux fonctions : elle créé et elle transforme la Vérité. Le monde a été créé par la Parole ou logos et toute la révélation vient de la Parole. La parole humaine est capable d'exprimer la Vérité et de transformer l'homme. Autrement dit, la parole humaine, dont les fins sont différentes de la parole divine, à l'instar e celle-ci, a deux fonctions : exposer un aspect de la vérité et prier. La technique essentielle de la tariqah est la Prière qui conduit l'homme à Dieu ; or, prier, c'est essentiellement se souvenir de Dieu (dhikr). Le dhikr signifie à la fois invocation et souvenir. L'invocation du Nom de Dieu est la forme la plus universelle de prière ; elle suscite le souvenir de Dieu et réveille le fidèle de l'oubli. Elle transforme l'homme t lui permet de découvrir ce qu'il est véritablement. Le Coran, après avoir assuré l'homme qu'il peut approcher de Divin au moyen du dhikr : «Souviens-toi de Moi, Je Me souviendrai de toi» (II, 152), lui apprend dans de nombreux versets comment invoquer le Nom de Dieu, ce qui ne peut être pratiqué que sous la direction d'un maître et à l'ide de la discipline offerte par la tariqah à l'intérieur d'un ordre. C'est par la pratique du dhikr que l'homme réalise les vertus spirituelles ainsi que la doctrine. «Le souvenir de Dieu est le plus grand» a dit le Seigneur Très Haut. Le souvenir de Dieu est en effet l'âme de toutes les bonnes œuvres, de tous les actes d'adoration : c'est en raison du souvenir qu'il nous est commandé de prier, de faire l'aumône légale, de jeûner et d'accomplir le pèlerinage à la Mecque. La répétition incessante du Saint Nom de Dieu par un cœur préalablement purifié de la souillure de ce monde de corruption et de jouissances trompeuses est, en vérité, la voie des Elus de Dieu les plus rapprochés, C'est la voie que nous indique notre Seigneur Muhammad , que le Seigneur Très Haut nous présente comme «le plus bel exemple de celui qui espère en Dieu et au jour dernier et qui se souvient beaucoup de Dieu» (XXXIII, 21). Il faut donc sans cesse demander pardon à Dieu, toujours se purifier et se souvenir beaucoup de Dieu par l'invocation de Son Saint Nom. C'est la Voie royale, la Tariqâh de notre Cheikh Ahmad Tidjâni sceau de tous les saints. Que le Seigneur Très Haut lui fasse miséricorde ! Avec lui et à travers notre Seigneur Muhammed , lumière de Dieu et sceau de tous les prophéties, le Seigneur Très Haut, par un effet de Sa grâce infinie, a gratifié Ses Elus de prières et de noms synthétiques par lesquels nous pouvons l'invoquer un nombre de fois incalculable, multipliant ainsi nos actes d'adorations surérogatoires. Ce sont les secrets (as râr), les trésors inestimables de la Tariqah Tidjâni que le vulgaire ne peut comprendre, voilé qu'il est sur la Toute-puissance, la grâce et la miséricorde infinies du Seigneur Très Haut. Si son âme se dérobe devant ces <<signes>> de la miséricorde infinie et de la Toute - Puissance du Seigneur Très Haut, qu'il cherche réconfort en Ses paroles : «Il fait descendre l'eau du ciel et les vallées en sont inondées, chacune selon sa capacité» (XIII, 17). L'eau est la gnose et les vallées sont les cœurs. Que le vulgaire sache en tout cas que ces trésors que sont les Noms et les prières synthétiques de la Tariqah Tidjaniyya ne nous dispensent pas des obligations que le sharia divine nous impose ; bien au contraire, une parfaite formation et une pratique scrupuleuse de la Sharia divine constituent l'indispensable préparation pour entrer dans la Tariqah et pour y demeurer. Ce sont des pratiques qui, par l'effet d'un engagement librement contracté, deviennent obligatoires pour le disciple en quête de Son Seigneur. Ces trésors sont comme des échelles invisibles qui facilitent l'ascension du disciple appelé par la grâce divine au rapprochement, à la proximité de notre Seigneur Muhammad , qui a dit : «Ceux qui seront plus proches de moi au Jour dernier seront ceux qui auront le plus prié sur moi », conformément à l'injonction divine : « Certes Dieu et Ses anges bénissent le Prophète: ô vous qui croyez ! Priez pour le Prophète : et accordez-lui le salut ». Que le Seigneur Très Haut, par Sa Miséricorde infinie, daigne nous accorder la grâce de compter parmi Ses Elus les plus rapprochés ; qu’Il nous pardonne et nous purifie; qu' Il nous soutienne et nous fortifie dans la Tariqah Tidjaniya jusqu'a la mort ; qu' Il nous accorde la grâce de nous souvenir toujours et beaucoup de Lui. Louange à Dieu, Seigneur des Mondes, le Miséricordieux, le Pardonneur, le Pur, le Saint. Il est le Guide, le Puissant, le Sage ; à Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ; les clés de tous les trésors sont entre Ses Mains. Que le Seigneur Très Haut bénisse notre Prophète Muhammad et lui accorde le salut ainsi qu'a sa famille et ses compagnons ; qu’Il fasse miséricorde à notre Cheikh Ahmad Tidjâni ainsi qu'a tous les saints, aux croyants et aux musulmans! La méthode est enseignée dans les confréries Tidjaniyya. Son efficacité est garantie par la régularité de la chaine initiatique (silsilah) qui remonte au Prophète lui-même et transmet Sa baraka spécifique de génération en génération. Le Prophète est un intermédiaire entre Dieu et les hommes au plan de la manifestation formelle, c'est - à - dire des êtres pesants - les djins et les hommes ; de même que l'ange Gabriel a été un intermédiaire entre Dieu et le Prophète au plan de la manifestation informelle. D' où la double nature du Prophète : formelle et informelle, intermédiaire entre le ciel et la terre, entre Dieu et les hommes. En vérité, l'Envoyé de Dieu est « Signe » parmi les plus grands du Seigneur Très- Haut. Il est l'Homme Parfait (Insân Kâmil). Par la grâce de Dieu, il n'y a de perfection que par lui et en lui. Tous les saints depuis le début de la création jusqu' au jugement Dernier tirent leur perfection de lui ; il est leur modèle et leur Seigneur par la Volonté de Dieu. Il est celui qui authentifie toutes les voies (turuq) : toutes les voies traditionnelles se rattachent à une « silsilah » qui remonte jusqu'a lui. Obéir au Prophète, c'est obéir à Dieu ; lui plaire, c'est plaire à Dieu. Se soumettre à Dieu et être ferme dans la servitude, c'est suivre les traces du guide, le Véridique, le Digne de foi, le Saint Prophète de l'islam. Seigneur ! par une science émanant de Toi et dont Tu es seul à détenir le secret, Tu m'as appris, en vérité, que nul n'arrive à la connaissance de Ton Prophète et Ami, notre Seigneur Muhammad , Sceau de tous les Prophètes, sans maître spirituel - visible ou invisible - qui a charge de nous aider, par Ta grâce, à purifier notre être tout entier, à éviter les obstacles et à persévérer dans l'effort. Mais notre amour du Prophète , comme notre désir et notre effort de le reconnaitre, proviennent de Ta grâce infinie ; le maître spirituel ne fait que les canaliser, les orienter, conformément à Ta volonté. Seigneur ! Tu as fait dire à notre Prophète Muhammad : « Je proviens de la lumière de Dieu et les croyants proviennent de moi » (ana min Nuri' llaâhi w'al-mu'minûna minî) C’est par lui que nous pouvons espérer avoir quelque connaissance du Seigneur Très Haut. Il est le modèle de la Perfection en Dieu et par Dieu pour tous les croyants. Seigneur ! Tu es la Lumière des Cieux et de la Terre. La lumière de Ton Prophète (Nuri muhammadîya) provient de Ta lumière, de même que la lumière de tous les saints provient de celle de Ton Prophète, modèle de la sainteté. Il est pauvreté en Dieu et par Dieu ; et nul n'atteint à la pauvreté spirituelle sans purification de tout son être, parce que Muhammad est le Prophète illettré (nabiyi ummiyi), purifié de toute souillure. De même, nul n'a connaissance de la vérité (du Réel), sans pauvreté spirituelle. Mais c'est par Ta Lumière seule que les Prophètes comme les saints sont devenus tels. C'est Elle qui nous guide vers la sainteté et la connaissance de notre Seigneur Muhammad ; c'est par Elle que nous parvenons jusqu'à Toi. Les saints, nos maîtres spirituels, représentent Ton Prophète et celui-ci ne représente rien d'autre que Toi. En obéissant aux saints et en nous soumettant au Prophètes, c'est à toi vraiment que nous nous soumettons c'est à Toi que nous obéissons. Gloire à Toi, Seigneur des Mondes, Lumière des cieux et de la Terre ! C'est par Ta Lumière que tout apparaît, c'est par Elle que tout subsiste ; Tu es le Puissant, l'Unique, le Miséricordieux ; il n’y a de Réalité que Toi. Gloire à Celui qui a décrété que la seule voie directe qui mène à Lui passe par l'Amour des Amis de Dieu et de son saint Prophète. Qui prétend l'aimer, doit d'abord aimer ses amis et son Prophète parce que eux et Lui ne font plus qu'un : Il est l'ouïe avec laquelle ils entendent, la vue avec laquelle ils voient, la langue avec laquelle ils parlent, les membres avec lesquels ils agissent. Gloire à Dieu, Seigneur des Mondes ! Seigneur, bénis notre Prophète Muhammad et accorde-lui le salut ainsi qu'a sa famille et ses compagnons. Seigneur ! Fais miséricorde à notre Cheikh Ahmadou Tidjâni ainsi qu'a tous les croyants. Amine. Lorsque la violence et l'injustice règnent parmi les hommes, les prières cessent et la Foi est corrompue ; il e subsiste plus que les apparences. «Ne voient-ils pas que Nous frappons la Terre, la resserrant de tous côtés?...» (XIII, 41) Or, c'est sur la trace des maîtres, des élus qui ont la valeur divine que nous sommes guidés : «Ceux-là sont ceux que Dieu lui-même a dirigés dans le droit chemin, suis-les donc dans leur bonne direction.» (Qoràn, 6, 90). Que ceux qui aspirent à la vie de la vérité prennent pour guides et exemples ces élus de Dieu ! S'ils on disparu, il faut se souvenir de leurs paroles, car il est un adage des grands qui dit que « la souvenance de la mémoire des hommes bienheureux procure la miséricorde divine ». Le Prophète a dit : « le monde est le champ de semence pour l'au-delà ». Ce qu'il faut semer dans ce monde, ce sont les graines de justice envers les créatures de Dieu, la bonté envers les faibles et les inférieurs, la générosité et la bienveillance à l'égard des hommes de Foi et de Bien ; alors, nécessairement, la récolte dans la vie future sera : «un séjour de vérité, prés d'un souverain omnipotent». (Qoràn, 54, 55) Que le disciple qui suit la voie de Dieu adore son Seigneur en secret, qu'il ne recherche pas la renommée avant que le Seigneur Très Haut ne l'ait décidé Lui-même, sans quoi, il s'égarerait loin du chemin de Dieu. Lui, Dieu, est Celui qui élève et qui abaisse. Nul n'élève que Lui. Ainsi, les compagnons de l'Envoyé de Dieu, par faiblesse et par peur des jaloux, parlaient de lui en cachette ; puis le Seigneur Très Haut éleva sa renommée (va rafahna laka zikraka) dans le monde entier : cinq fois par jour, o appelle à haute voix son nom sur les hauts minarets de toutes les parties du monde, de sorte qu'il est devenu célèbre dans l'Orient et dans l'Occident. C'est ainsi que procède le Seigneur Très Haut. Ce qui se cachait devint évident, éclatant. A la peur et à la faiblesse succédèrent la grandeur et la renommée pour l'éternité. Par une attention vigilante et soutenue, nous devons sans cesse purifier notre intention afin d'échapper aux ruses et aux illusions du moi qui, sous couvert de rechercher le Divin, ne recherche en fait que son propre plaisir, la satisfaction de ses propres désirs. Seigneur ! Daigne accepter l'humble reconnaissance d'un de Tes esclaves encore faible, et ignorant et, de surcroît, aveugle, mais que Tu as voulu, par Ta grâce infinie, conduire d'étape en étape dans la voie droite, la voie de ceux que Tu as comblés de Tes bienfaits. Seigneur ! Tu m'as donné la clé qui ouvre toutes les portes du bien et ferme toutes les portes du mal : la prière par laquelle Tu m'as appris à ne compter que sur Toi seul et à me détourner des créatures qui ne peuvent me faire ni du mal ni me procurer un bien quelconque. Seigneur ! Il y'a quelques années, Tu as daigné jeter quelque lumière dans mon cœur, m'incitant à m'engager dans la voie de la Tariqah Tidjaniyya ; depuis, je l'ai d'abord suivie par conformisme, me fiant à l'initiation que pouvaient me donner les hommes et sans y être sérieusement préparé. A présent, par Ta grâce infinie, Tu es venu à mon secours pour me guider dans la voie de la Tariqah Tidjaniyya. Tu m'as fait entrevoir l'importance et les exigences de la voie ainsi que l'éliminent dignité que Tu as accordé à notre Cheikh Ahmad Tidjâni, Cheikh des Cheikhs, Chef des « Euveliyâ » et fidèle serviteur de Ton grand Ami, notre Prophète Muhammad, sceau de tous les Prophètes. Seigneur ! Je rends grâces des bienfaits dont Tu m'as comblé ; pardonne-nous nos péchés, purifie nos cœurs, rassemble notre dispersion et accrois notre émerveillement devant Toi. Seigneur ! Donne-nous la force et l'humilité avec lesquelles nous pourrons T'adorer sans cesse avec sincérité et en secret ; Tu es le Fort, le Superbe. Seigneur ! Raffermis nos pas dans la voie de la Tariqah Tidjaniyya et conduis-nous jusqu' à terme. Seigneur ! Fais miséricorde à notre Cheikh Ahmad Tidjâni et accepte que je lui dédie cette prière ; Seigneur ! Bénis notre Prophète Muhammad et accorde-lui le salut ainsi qu'a sa famille et ses Compagnons. Amine !
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