Le chapelet tidjaniyya, partie intégrante du rituel

Le chapelet Tidjâniyya, au Maghreb comme au Sénégal, comprend cent grains, il se termine par une pièce nommée alif ayant un peu la forme d’un doigt ; cent est le nombre le plus souvent prescrit par le Prophète (B et S) pour la récitation des formules.

La plupart des chapelets comportent des bornes de division d’une autre forme après le douzième, le trentième et le cinquantième grain.

Le chapelet de grains enfilés n’était pas utilisé du temps du Prophète (B et S). Mais certains compagnons du Prophète (B et S) comptaient avec des cailloux ou des noyaux de dattes. Pratiquement il n’y a aucune différence entre compter avec un chapelet ou tout objet rituellement pur. On rapporte qu’Abû Huraïra, compagnon du Prophète, avait une corde nouée de mille nœuds et qu’il ne s’endormait pas sans l’avoir engrainée, ce qui est proche du chapelet utilisé de nos jours. Comme le Prophète recommandait souvent de réciter certaines formules un nombre de fois déterminé (et les livres canoniques abondent de traditions de cet ordre) et comme tous les êtres ne sont pas également doués pour compter sur les doigts, (comme le faisait, semble-t-il, l’Envoyé de Dieu), sans être distraits de la récitation par l’effort de compter sur les doigts, la nécessité a probablement conduit à imaginer un moyen aussi simple et aussi pratique qu’une courbe nouée comme celle de Abû Huraïra et, par suite, le chapelet. Il n’est pas nécessaire de chercher plus loin l’origine du chapelet en islam.

Le dhikr adopté par toutes les confréries, est constitué de formules et de prières (duâ), qui varient selon les confréries, chacune de ces formules étant récitée un nombre déterminé de fois soit seul, soit en assemblée.

Le dhikr se récite souvent sur les grains d’un chapelet (sobha) qu’ont depuis longtemps adopté les confréries de l’islam. Le chapelet n’était d’ailleurs pas une innovation due aux ordres religieux ainsi qu’il vient d’être dit ; puisque le rosaire est attesté dans l’islam depuis le XVe siècle. Comme toute nouveauté, cet usage a eu longtemps à se défendre contre les adversaires de tous les emprunts religieux, de sorte que, au XVe siècle encore, il a fallu qu’As-Suyuti compose un plaidoyer en faveur du rosaire.