Il y a quatre sortes de louanges :

  • La louange de Dieu à Dieu après la création des cieux et de la terre ;
  • La louange adressée à Dieu par le premier des hommes, Adam après la pénétration de l’esprit en lui ;
  • La louange de l’homme à Dieu pour un bienfait donné ;
  • La louange de l’homme à l’homme pour un bienfait rendu

La voie Tidjaniya est aussi une Voie de louange et de remerciement puisqu’elle débute par l’attachement à Dieu à l’exclusion de tout le reste ; aussi est-elle totalement centrée sur la joie, le remerciement et n’exige ni peine ni fatigue excessives.

La voie Tidjaniya est aussi une Voie de louanges et de remerciement puisqu’elle débute par l’attachement à Dieu à l’exclusion de tout le reste ; aussi est-elle totalement centrée sur la joie, le remerciement et n’exige ni peine ni fatigue excessives.

C’est la voie royale, celle qui a été suivie par les Prophètes et les meilleurs compagnons, ainsi que par beaucoup d’autres dévots. Elle est adoration sincère et désintéressement avec le sentiment de notre impuissance à Son égard. Alors, voyant la sincérité de leurs cœurs, le Seigneur Très Haut, par un effet de Sa Toute Puissance et de sa Miséricorde, gratifie les disciples de cette voie de la lumière qui leur dévoile les secrets de la foi en Dieu, de sorte que le disciple parvient aussi brusquement, sans désir manifeste de sa part, à l’illumination au moment où il est préoccupé à se repentir et à implorer le pardon de Dieu.

 Les adeptes de la voie de la louange considèrent la réclusion (hyjra) comme le premier pas vers Dieu et Son Prophète et non comme un moyen pour l’acquisition de l’illumination et du don de voyance.

C’est une voie du cœur : elle concerne le cœur et comme telle, elle est meilleure et plus sincère. Le cœur doit s’attacher à Dieu et se confier à Lui, dans l’action comme dans le repos ; il doit éviter les distractions, notamment pendant les moments de concentration, et d’une façon générale, éviter tout ce qui éloigne de Dieu.

Le cœur doit conserver cette disposition alors même que les actes extérieurs du disciple ne dénotent pas une dévotion excessive : ainsi, le disciple peut jeûner, manger, se lever, dormir, accomplir ses devoirs conjugaux et s’acquitter de toutes les prescriptions de la loi qui vont à l’encontre des exercices corporels sans se départir de la voie de la louange.

Notre Cheikh préféré cette voie puisqu’il dit dans Jawâhiroul maâni : « le principe et la fin de toute action sont l’attachement du cœur, la confiance n Lui, en général, comme en particulier. Plus le serviteur ne peut tourner son cœur vers Dieu en toute circonstance et en toutes choses, mieux cela vaudra ? »  Il ajoute, par ailleurs : « le disciple doit tendre à longueur de journée vers ces deux buts : - préférer Dieu à tout ; Dieu doit être pour lui le principe et la fin de ses désirs de sorte que pas un seul instant de sa vie soit consacré à un autre, car regarder vers un autre, c’est retrouver l’intérêt ou la dissipation.

  • Se consacré totalement à Dieu, libre de tout lien, totalement et mystérieusement uni à Lui par le corps, l’âme, l’esprit et le cœur, de telle sorte que pas une parcelle de l’être ne soit étrangère à Dieu. Le disciple s’adonnera tout entier à ce but, détaché de toute passion. Il se tiendra ainsi devant Dieu, dans la renonciation totale de tout son être, pour accomplir un acte de pure adoration et satisfaire aux droits divins, sans attendre le moindre avantage. Il ne désespérera pas de la miséricorde de Dieu et ne péchera pas, non plus, par orgueil, en se croyant plein de bonne qualités ».

Dans une apparition fait à l’un des amis du cheikh Ahmad Tidjâni, le Prophète Muhammad (B et S) lui a demandé de transmettre à son ami Cheikh Ahmad Tidjâni le message suivant : « la dévotion intégrale, c’est se réserver à Dieu à toute action, avec une sincérité totale, sans arrière pensée, dans le seul but de glorifier Dieu, de Le louer et de Le remercier. Dans de telles conditions, les actions s’élèvent jusqu'à Dieu, passent par la porte ouverte, se transforment…et ne s’arrêtent que dans la clarté (tajalli)… Les actions de celui qui cherche, à travers son détachement, le moyen d’obtenir un état spirituel (hàl) ou un secret, s’arrêtent devant la porte fermée. Là, elles attendent vainement l’ouverture de la porte, à moins que leur auteur ne se ressaisisse et ne dise : ma dévotion est uniquement à Dieu ; je ne demande rien en retour. Dans ce cas, les actions sont reconduites vers la porte ouverte. Dans le cas contraire, ces actions demeurent sans effet et se transforme en perte… »

Le Prophète ajouta : « Ton seul but doit être la dévotion et la lutte contre toi-même. Dévotion à Dieu, désintéressée. Toute arrière pensée dans la dévotion retarde l’illumination ».

La voie de l’effort, (mujâhada) par contre, nous l’avons dit, non seulement exige des exercices spirituels (riyâha), de la peine (ta’ab), des veilles, de la continence, mais les adeptes de cette voie considèrent la réclusion (hujra) comme un moyen pour l’acquisition de l’illumination et du don de voyance. Cependant, certains adeptes de cette voie qui auraient obtenu cette faveur, ne dépassent pas leur intention première et de laissent prendre u mirage des choses extraordinaires qu’ils voient et des miracles qu’ils font et prennent ces phénomènes pour but, oubliant Dieu. Ils se perdent tout en croyant bien faire.

En résumé, la voie de la louange est la voie des cœurs ; celle de l’effort est la voie des corps. L’intention est sincère dans le premier cas, intéressée dans le second cas, sans effort spécial du disciple, car elle a un caractère divin (rabbaniya) ; dans le second cas, elle s’obtient par des moyens appropriés avec les risques d’un bon ou mauvais emploi par la suite. Alors que dans la voie de la louange, seul le gnostique aimant et avancé en initiation, obtient l’illumination, par contre, dans la voie de l’effort, on peut réaliser des prouesses rien qu’en s’adonnant aux exercices spirituels.

Il est, cependant, possible de concilier les deux voies en élevant son cœur à Dieu, dans l’action comme dans le repos et en occupant le corps par les efforts et les exercices.

Ainsi, si ta Foi est pure et ton cœur rempli de la seule crainte de Dieu et l’espérance en Lui, tu peux vraiment adorer ton Seigneur en toute sincérité sans rien lui associer ; alors seulement tu pourras proclamer Ses louanges (Al Hamdulilâhi) avec quelque accent de vérité. Tout l’Univers sans exception chante Ses louanges depuis le premier Jour de la création. Efforce-toi, par la Foi et l’adoration, la crainte et l’espérance, d’en être conscient et de participer volontairement à ce concert. Alors, tu comprendras pourquoi la louange (Al Hamdulilâhi) est placée au début de la Fâtiha qui est, selon l’Envoyé de Dieu (B et S), « la meilleure des prière ».

Si donc Dieu garantit aux cœurs reconnaissants d’autres faveurs que celle qu’Il a déjà accordée comment ne leur perpétuerait-il pas ses premiers bienfaits ? Attachez donc les bienfaits de Dieu en vous montrant reconnaissants de ce qu’Il a fait.

On aide à la reconnaissance par la contemplation des faveurs du bienfaiteur. De Ses nombreux actes, de Ses bienfaits passés et futurs, du commencement de Ses grâces et de leur fin. Vous ne regarderez jamais avec les yeux de la foi, que vous ne constatiez déjà l’existence d’un bienfait de Dieu et d’une grâce qui l’a suivi et votre certitude à cet égard sera plus grande, si vous examinez la façon dont vous vous comportiez envers Dieu (comportement qui n’est que négligence et révolte) et la conduite de Dieu envers vous (qui n’est que bonté et bienfaisance)

L’origine des biens célestes, la mine des bénédictions divines se trouve dans une obéissance effective à Dieu, dans le soin d’éviter tout acte de révolte contre Lui.

N’est pas reconnaissant envers Dieu celui qui n’obtempère pas à son ordre, n’exécute pas ses prescriptions.

Les hommes négligents et aveugles demandent à Dieu de renouveler Ses faveurs, sans Lui rendre grâces de ce qu’Il leur a déjà accordé. Comment Dieu vous renouvellera t-Il un bienfait que vous demandez, alors que vous avez perdu le souvenir d’une précédente faveur ? *

Soyez donc reconnaissants pour les bienfaits de Dieu envers vous. Quand vous avez à réclamer les bienfaits de Dieu, le meilleur moyen que vous ayez à employer, c’est de Lui rendre grâces. Vous montrer reconnaissants, c’est demander pour vous les grâces de Celui auquel vous manifestez votre reconnaissance. Dieu garantit des faveurs en surplus à ceux qui se montrent reconnaissants et Il sera généreux sans réserves, car Il a dit : « certes, si vous êtes reconnaissants, Je vous donnerai en plus ».   

Montrons donc un repentir sincère, car sur le repentir repose ce qui doit suivre, et les bénédictions dont il sera l’objet se reporteront sur ce qui l’a précédé. Il n’est pas de station où l’on n’ait pas besoin du repentir. Les états ne seront purs, les actions ne seront acceptées, les degrés de l’inspiration ne seront sûrs qu’autant que le repentir aura été sincère.

Dieu dit : « Soyez tous repentants, car peut être alors serez vous heureux. »

Vous assurez la station du repentir, c’est de la part de Dieu, vous être plus utile que de vous faire connaitre soixante dix mille secrets et de vous les faire perdre par la suite.

Dieu a, en effet, placé les lumières du monde spirituel dans les diverses formes de soumission. La perte d’une forme de soumission amène l’absence d’une lumière en rapport avec la faute. Ne négligeons donc aucune circonstance des actes de soumission, ne pensons pas que les lumières surnaturelles qui arrivent au cœur puissent remplacer les wirds. Celui qui observe la soumission envers Dieu et les transactions sociales, en y mettant la conduite voulue, verra le secret le voiles du secret s’écarter le lui. L’interposition des voiles devant le secret indique la présence des défauts. En purifiant ton cœur des défauts, tu t’ouvriras la porte du secret. Ne soyons pas de ceux qui demandent la venue de Dieu dans leur âme au lieu de demander la venue de leur âme dans Dieu. Le croyant disciple Tidjâne n’agit pas ainsi, au contraire, il sollicite son âme à Dieu et si son vœu n’est pas immédiatement exaucé, il accuse du retard sa conduite et ne dit pas que c’est sa demande qui a été retardée. Il n’est permis d’entrer dans le monde des âmes qu’à celui qui s’est purifié des vices inhérents à l’homme en s’assimilant la nature de Dieu, en s’annihilant pour tout ce qui n’est pas Dieu.

Si tu es arrivé à cette perfection, tu obtiendras une large place dans le secret ; les secours célestes t’arriveront ; et les bienfaits progressifs de Dieu seront ta compensation.

En définitive, l’action de grâces, c’est reconnaitre le Dispensateur des bienfaits et confesser Sa souveraineté.

Cette action est elle-même un bienfait de Dieu qui nécessite qu’on Lui rende grâce à nouveau, et ainsi de suite indéfiniment.

A cet égard, Halâj a dit dans l’une de ses oraisons : « Mon Dieu ! Tu sais mon impuissance à te rendre grâces comme il convient ; alors, rends Toi grâces à Toi-même à ma place. »

Gloire à Celui qui a étendu sur Ses serviteurs Sa miséricorde et Sa mansuétude et qui les sauves du mal pernicieux auquel il avait arrêté leur choix et qui avait de l’attrait pour eux. C’est un désir pour le serviteur de Le remercier pour les bienfaits innombrables dont Il le gratifie.

Mais, certains, estimant qu’ils ne sauraient s’acquitter de ce devoir de reconnaissance que s’Il le fait pour eux, demande à Celui qui est bon, qui possède largement Ses faveurs et qui est la Source de tout don généreux et tout bienfait, de se substituer à eux dans leur action de grâces imparfaite, pour que Lui revienne, comme il est digne, l’initiative des louanges et de toutes Ses grâces qu’ils ne sauraient dénombrer.

Que le serviteur sache ce que Lui impose Celui qui a été généreux et bon envers lui en le gratifiant de Ses faveurs et de Ses dons bienfaisants ! La nuit durant laquelle il dort, la journée durant laquelle il travaille, le délassement des choses de la vie qui sont l’objet de ses soins sont parmi les innombrables bienfaits dont il dispose et pour lesquels il doit Le remercier. Et cela ne suffira pas pour que le serviteur puisse s’acquitter de ce qu’exige la grâce qu’Il lui a faite en lui accordant à nouveau un bienfait grandiose. Et pourtant, il doit agir jusqu'à la limite des ses possibilités, faire passer dans ses actes de la meilleure façon possible ce qu’Il a disposé à son intention et se tourner ainsi vers Lui à chaque instant, soumis et docile en confessant humblement ses fautes ; c’est le moins qu’Il exige de Son serviteur.

En vérité, « Celui que Dieu dirige est bien dirigé » (XVII, 97).
Louange à Celui à qui conviennent les louanges, c’est Lui qui loue et qui est loué.

Seigneur, Tu m’as rendu conscient des bienfaits dont Tu ne cesses de me combler depuis que Tu m’as inspiré de T’invoquer et m’en remettre à Toi pour me guider dans le droit chemin, le chemin de Tes Elus que Tu as gratifié de tous les dons, non à cause de leurs œuvres, mais uniquement par Ta faveur et Ta Miséricorde. En vérité, Ta Miséricorde et Ta faveur n’ont pas de prix, elles sont infinies. Sans elles, nous sommes perdus à jamais, avec elles, nous sommes en tout lieu et en toute circonstance ; daigne nous les accorder toujours et disposer nos cœurs à T’invoquer et à rendre grâces. Tu es le Pardonneur, le Miséricordieux, le Digne de louange vraiment.

Seigneur, Tu m’as rendu conscient de ma faiblesse et de mon impuissance à chanter Tes louanges ; nul autre que Toi ne peut vraiment les chanter ; mais Ta grâce et Ta Miséricorde sont infinies ; daigne donc les recevoir par elles et les parfaire par elles. Tu es capable à tout vraiment. Gloire à Dieu, Louange à Dieu, Seigneur des Mondes, il n’y a de Dieu que Dieu, il est le plus grand.

Seigneur, Tu as daigné l’enseigner, huit mois durant, que nul autre que Toi n’a purifié le Saint Prophète de l’islam, Muhammad, le Digne de Foi, le Véridique (B et S) : « Alam nashrah laka sadraka, vava dahnâ aneka vizeraka, lazî, anekhada zahraka. »

Tu m’as enseigné que c’est Toi qui as élevé très haut sa renommé de sorte que jusqu’à l’éternité son nom soit à jamais uni au Tien, et proclamé cinq fois par jour dans le monde entier : « Va rafahnâ laka Zikraka ».

Tu m’as appris aussi que c’est Toi qui lui as accordé le don du « Kawthr ».

« Inâ ahtayenâkal Kavesara », en même temps que tu me faisais entrevoir que Tu es Dieu, l’Unique, l’Absolu, que Tu n’as pas enfanté et n’as pas été enfanté, que nul n’est en état de T’égaler : « Khoul Huwa Allahu Ahad, Allahu Samad, lameyalid Wa lame Yûlad, Wa lame yakun lahû kufuan Ahad. »

Puis, Seigneur, Tu m’as invité à frapper ç la porte de Ton royaume avec le grand Nom de la sourate Ikhlaç. Pendant sept mois environ, j’ai dû frapper avec Ta grâce, jusqu'à ce que Tu aies daigné m’agréer parmi Tes serviteurs vertueux. Tu m’as alors dit : « O mon cher esclave, demande pardon à Ton Seigneur, le Vivant, le Subsistant et confie ton sort à Dieu, Il est clairvoyant à l’égard de Ses esclaves ; puis invoque Dieu avec constance par Ses attributs de Majesté et prie beaucoup sur Son saint Prophète qui te conduira, par Ma grâce, jusqu'à Mon Nom Suprême. »

Telle est la « Tarqiah » par laquelle mon seigneur me conduit d’étape en étape.

Gloire à Dieu, Louange à Dieu, il n’y a de Dieu que Dieu, Il est le plus grand, il est le guide vraiment, il n’y a de guide que Lui. Il guide qui Il veut dans le droit chemin ; il est le Puissant, le Sage vraiment.

Béni soit notre Seigneur Muhammad, porte de la sainteté ! Il tire da lumière de Dieu et tous les saints tirent leur lumière de lui. C’est par son intermédiaire que le seigneur Très Haut me purifie et me comble de grâces et de faveurs ; c’est par lui que le seigneur Très Haut entend me conduire jusqu’à Lui. Béni soit le degré ultime de la sainteté ! Il est le Seigneur des Saints ; tous les saints sont ses serviteurs parce qu’il est le serviteur parfait de Dieu ; celui par l’intermédiaire de qui le Seigneur Très Haut déverse Sa grâce sur Ses Elus et sur les croyants.

Il est le premier et le dernier, le défenseur de la vérité par la vérité, le guide du droit chemin. Il guide par l’intermédiaire des Maîtres spirituels, les Elus du Seigneur Très Haut qu’il a promis pour chaque siècle : « Dieu enverra à cette communauté, dit-il, à la tête de chaque siècle, quelqu’un qui rénovera pour elle sa religion » (Abû Dâ’ûd). Seigneur, je rends grâce des faveurs par lesquelles Tu as daigné m’assigner des maitres spirituels éminents, vertueux et dignes de confiance qui me guident d’étape en étape dans le droit chemin.

Que Dieu bénisse notre Seigneur Muhammad d’une lumière qui nous le fasse connaitre et nous accorde les grâces qui s’attachent aux prières faites sur Son saint Prophète !

Que Dieu sanctifie le secret de notre Cheikh Ahmad Tidjanî ainsi que celui de nos maitres et de tous les saints !